mercredi 27 janvier 2010

OPINIONS : BURQA : UNE LOI EST-ELLE NECESSAIRE ?

Le débat actuel sur le port de la Burqa ou du Niqab est une illustration du peu de confiance que nous accordons au principe de laïcité pour amener de l’harmonie dans notre société.

Résumons-nous : le voile intégral, dont il semble que 2000 femmes musulmanes l’arborent en France, est perçu par certains comme une contrainte extrémiste imposée aux femmes. Pour les tenants de ce discours, le voile intégral n’est d’ailleurs en aucun cas une prescription religieuse, mais bien une dérive sectaire.

D’aucuns rétorquent que le port du voile intégral est une pratique librement consentie, à fondement religieux.

Sommes-nous en mesure de juger quelle définition de la pratique est la bonne ? Est-ce seulement souhaitable ?

Pour rédiger une nouvelle loi spécifique le débat doit se poursuivre en France, pour que le législateur estime qu’un consensus national a été obtenu. A cette condition, la loi serait bien générale et impersonnelle. Nous en sommes loin.

A juger de pratiques acceptables ou non, dégradantes ou non, religieuses ou non, nous abandonnons évidemment le grand acquis de la laïcité, à savoir la non-intervention du champ public dans les pratiques religieuses.

S’il s’agit d’une pratique religieuse, l’Etat français n’a pas à en connaître en tant que telle.

Selon l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, les opinions religieuses ne peuvent être sanctionnées. Seules leurs manifestations sont soumises à la plus grande vigilance de l’Etat en tant qu’elles peuvent troubler l’ordre public.

Rappelons-nous que les Sikhs de France doivent eux aussi s’accommoder de la loi et de ses exigences laïques. Alors même que le port ostentatoire d’un turban est consubstantiel à leur croyance.

Sans même prendre en compte le fait religieux, dans les rapports aux administrations, services publics, dans une enceinte publique, dans une banque, avancer à visage masqué n’est pas autorisé en France. Quelle que soit la raison du masque.

Revenons à la notion de trouble à l’ordre public : elle n’est pas absolue. Elle dépend des circonstances ; de la perception d’une population (Journal Officiel Sénat du 11 janvier 2001). L’interdiction du port du voile intégral ne saurait alors être générale et absolue.

Mais la question se pose : le port du voile est-il une violence faite aux femmes ? C’est en tout cas une contrainte en France, non par ce qu’il est mais par ce qu’il implique. Il empêche les femmes qui le portent d’exercer leurs droits civiques : ni mairie, ni école publique (en tant qu’élève), ni commissariat ne sauraient les accueillir. C’est la fin de l’égalité des femmes et des hommes en France, comme le garantit notre Constitution.

L’alternative est simple : soit nous permettons à un individu qui déclare simplement son identité sans pouvoir la prouver de jouir de tous ses droits civils et civiques, soit nous maintenons que l’Etat doit pouvoir identifier le titulaire des droits qu’il lui accorde.

Déplaçant ainsi le débat sur le terrain de la reconnaissance d’identité pour l’exercice plein et entier de nos droits, le champ s’ouvre à d’autres formes de preuve d’identité que visuelle, que celle de la reconnaissance d’un visage et d’une personne.

Pour préserver nos principes républicains, en serons-nous conduits à une foi aveugle dans la technologie pour venir au secours de femmes ne s’avançant pas à visage découvert dans la cité?

Si le port du voile intégral est, dans notre République, une contrainte exercée à l’encontre de la pleine citoyenneté de la femme, qu’elle soit subie ou choisie ; alors il peut être, il doit être interdit en tant que tel.

Frédéric Provotelle

jeudi 7 janvier 2010

Opinions - Centrisme et progressisme

Le Mouvement Démocrate n’est pas qu’un parti centriste. C’est le rappel constant de François Bayrou. N’en déplaise aux commentateurs politiques et journalistes, notre démarche ne saurait se réduire à celle d’un Centre, si fort soit-il.

Y aurait-il alors quelque honte à être centriste ? Évidemment non. Ce courant de pensée est profondément ancré en France, il correspond à des valeurs, une conception de la société et une sociologie politique.

Il existe bien une famille centriste, dont l’UDF est le fer de lance. Alors pourquoi aujourd’hui se démarquer de cette respectable tradition ?

Reportons-nous aux résultats électoraux du Centre dans ses diverses composantes. Il a souvent été une force d’appoint raisonnable, capable de consolider ou de créer des majorités. Un partenaire des courants plus tranchants, prônant un respect des équilibres publics et la concertation dans la réforme.

A ce titre, cette famille centriste est toujours intervenue pour corriger les excès des autres formations. Quand le néo-gaullisme incarne par trop le libéralisme sauvage, la famille centriste rappelle les bienfaits d’un libéralisme plus équilibré. Quand le socialisme à la française détourne le dynamisme économique pour une intervention étatique sclérosante, la famille centriste intervient pour mettre en regard la nécessaire solidarité et les fondements économiques qui la rendent possible.

Oui, la tradition centriste a un rôle fort à jouer dans la vie publique et la gestion de notre collectivité nationale. Ces principes sont autant de garde-fous, de témoins précieux qui bornent et encadrent les politiques publiques.

Le Mouvement Démocrate a une ambition différente de ce positionnement, bien que se fondant en grande partie sur les valeurs du Centre.

C’est une vision de choc de la société que nous incarnons désormais. Un nouveau courant de pensée, qui ose affirmer ses objectifs, qui propose une politique courageuse, qui montre une voie nouvelle aux Français.

Une voie nouvelle, ne serait-ce pas la troisième voie ? Dans un système démocratique où un second tour oppose seulement deux conceptions de la France, de l’Europe, il ne saurait y avoir une troisième voie. Il existe une autre façon d’être progressiste. Il doit exister une alternative au progressisme de gauche qui est vidé de sa substance.

C’est cela, notre enjeu : incarner le progressisme en France, en le fondant sur d’autres valeurs que celles du socialisme. En refusant dans le même temps de laisser le marché décider seul des avancées dans la solidarité. C’est une voie véritablement originale et très exigeante. Voilà pourquoi nous devons être les nouveaux progressistes. Seuls nos adversaires politiques cherchent à nous cantonner dans un ancien rôle.

Nous sommes la force politique centrale, capable de réunir cette majorité de citoyens français qui, j’en suis convaincu, sont confiants dans les progrès de notre société.

Frédéric Provotelle

lundi 21 décembre 2009

Opinions : Mobilisons nous contre l'installation d'une antenne relais aux Provinces!

Pour moi, la santé des habitants et de nos enfants n’a pas de prix !
Le mercredi 16 décembre, lors du conseil municipal, la majorité a voté une délibération autorisant
l’implantation d’une antenne relais dans le quartier des Provinces à quelques mètres de l’école Jacques
Prévert et de la crèche et crèche familiale rue Gustave COURBET !

Alors que de nombreuses communes ont engagé des procédures judiciaires pour faire retirer les antennes
relais dans les centres-villes et autour des établissements scolaires par principe de précaution, notre maire
nous fait voter en catimini, sous l'intitulé « BAIL POUR L'INSTALLATION D'ÉQUIPEMENTS TECHNIQUES POUR
UN RESEAU DE TELEPHONIE MOBILE GSM ET UMTS » l'implantation d'une nouvelle antenne relais en plein
quartier des Provinces et à proximité d'école et de crèches. Notre soit disant « monsieur développement
durable » Frédérique Leveillé votant comme d'habitude les yeux fermés, je me vois contrainte d'en appeler
aux habitants pour empêcher cette installation d'antenne relais. Ce n'est pas parce que c'est un quartier
populaire que l'on doit lui faire subir des risques sanitaires sans même daigner en informer les habitants!
Je souhaite que les opérateurs téléphoniques installent des antennes qui présentent le moins de risques
possible pour les habitants et éloignées des zones habitées, des écoles et des crèches !

Il y a quelques jours, s’est tenue au ministère de la santé, le « Grenelle des antennes relais » sur la nocivité
des champs électromagnétiques émis par les antennes relais et les téléphones portables. Le Ministère de la
santé a sélectionné certaines villes pour que soient installées des petites antennes faiblement émettrices
d’ondes et donc moins nocive pour la santé des personnes. Il est donc incroyable que notre ville laisse ainsi
s’installer une antenne dont on ne nous donne même pas la puissance !
C’est pourquoi, je ne peux que vous appeler à vous mobiliser avec nous!

Bien amicalement,
Odile LECROSNIER Conseillère municipale
06 14 63 52 79 - odilelecrosnier@yahoo.fr

Convention régionale à Chanu : article de l'Orne Combattante

lundi 14 décembre 2009

Convention régionale à Chanu : les bases de notre projet

Samedi dernier s’est tenue notre conférence régionale programmatique à Chanu, réunissant plus d’une centaine de représentants de la Manche, du Calvados et de l’Orne.

Notre famille politique, emmenée pour les prochaines échéances électorales par Rodolphe Thomas, a posé les bases de sa réflexion pour notre région Bas-Normande. Les experts se sont succédé à la tribune pour interagir avec la salle, et définir les contours des actions à entreprendre pour la prochaine mandature régionale.

Car c’est bien une vision nouvelle que le Mouvement Démocrate peut apporter à la Basse-Normandie, un véritable projet de territoire qui lui fait encore défaut.

Stéphane Thérou, notre président départemental et chef de file pour l’Orne, a notamment plaidé pour un rééquilibrage des voies de communication, train et route, en faveur de l’Orne pour rendre notre département plus accessible, plus attrayant.

Quand la campagne de nos adversaires prend majoritairement en compte les problématiques du Grand Caen et sa liaison avec la Manche et Paris, nous sommes les seuls à faire valoir nos spécificités ornaises.

Préserver le tissu industriel, miser sur le développement durable pour relancer le secteur du BTP et tirer profit de nos ressources naturelles, apporter un soutien particulièrement attentif à nos agriculteurs ornais, voici quelques-unes des préoccupations énoncées pendant cette convention régionale.

Remercions Thierry Aubin, maire de Chanu, pour son accueil samedi dernier et l’élan qu’il a su apporter notamment à la filière bois de notre département.

C’est en fédérant talents et énergies autour de Stéphane Thérou que notre Mouvement Démocrate saura prendre toute sa place à l’assemblée régionale de Basse-Normandie.

jeudi 26 novembre 2009

Opinions - Identité nationale? Connais pas...

J’ai une carte nationale d’identité. Elle témoigne de mon identité propre et de ma nationalité. Je suis français. Je tiens beaucoup à mon identité, elle m’appartient, elle diffère de celle d’un autre. C’est bien normal, elle me définit totalement : identique. Point. Il y a de la tautologie dans le terme.

Alors partant de ce constat, tentons de savoir ce que pourrait être une « identité nationale ». On nous dit que ce débat va permettre de pointer les aspects qui nous rassemblent, qui nous rendent fiers d’être français.

Une identité nationale, c’est exactement le contraire. C’est définir les points nécessaires pour être français. C’est définir un modèle de français, de « bon » français. Il doit respecter le drapeau, l’hymne, les institutions, avoir lu « Le Petit Prince », ou « L’Etranger », que sais-je encore. Sinon ? Sinon, il n’est pas identique aux autres, il n’est pas vraiment français.

C’est cela une identité. C’est une formule contraignante. Une définition complète à laquelle on doit se plier.

Eh bien le modèle français, la nation française, elle est fondée sur un postulat exactement inverse. Chacun y vient avec ses origines, ses différences, ses attentes, son espoir. Chacun apporte son originalité. C’est là la beauté de notre pays. Accueillir des femmes et des hommes, se nourrir de leurs différences.

Mais tout n’est pas divergence. La France fournit des règles de vie en commun, fonde notre société sur le respect de l’autre, accorde la protection de sa République pour que chacun puisse vivre et prospérer. Cette protection a bien entendu des symboles, auxquels nous pouvons êtres légitimement attachés. Nous avons le devoir de respecter les règles de notre République. Pas celui de gommer nos différences.

Devrions-nous nous effacer derrière les symboles de notre République ? De notre société ? Il y aurait un grand danger à intervertir signifiant et signifié. Non, les Français ne s’effacent pas derrière une définition, aussi généreuse et patriotique soit-elle. Non, les Français ne se réduisent pas à une série de critères. La France de la diversité, pas celle de l’uniformité.

A l’identité nationale, je préfère la nationalité.

Frédéric Provotelle